Nos conditionnements

Doit-on considérer la colère de nos enfants comme un tabou ?

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Moi, même pas peur ! La colère de mes enfants je la gère. Mais en réalité on est tous loin de là. Lorsque nos enfants font des colères ils crient, ils pleurent, ils disent des phrases blessantes, ils se roulent par terre, ils jettent des objets j’en passe et des meilleures. Nous, nos mains deviennent moites, notre calme s’évapore, on transpire, on ne sait pas quoi faire. On est décontenancé. Nous n’avons pas de solutions alors ce sont des cris, des menaces, des fessées. J’en passe et des meilleures.

Comment cela se fait-il que nous ayons tant de mal avec cette émotion de colère ?

Pour ma part je pense que nous ne la comprenons pas. Nous pensons que cela représente une prise de pouvoir de la part de nos enfants. Si je cède, il va avoir tout ce qu’il veut. Je vais me  faire marcher sur la tête. Il deviendra un enfant roi.

De plus, elle nous fait peur car ces manifestations sont terribles. C’est la tempête émotionnelle. On ne sait pas quoi faire on est démuni. On n’ose pas agir ne sachant pas si notre réaction sera la bonne. Et il suffit d’être entouré de monde (que ce soit la famille ou des amis lors de repas, que ce soit des inconnus dans un magasin) et là, la peur du jugement se rajoute. Tout le monde me regarde, je dois faire quelque chose, je dois montrer que je gère. C’est maintenant que l’on va me juger pour voir si j’ai de l’autorité, si je sais éduquer mes enfants, j’en passe et des meilleures. On se sent épié, jugé et jaugé.

En réalité, personne ne sait réellement comment faire. Personne n’a de solution miracle face à cette tempête émotionnelle. Parce que crier, donner des fessées, mettre sous l’eau froide, mettre à l’écart, ce n’est pas la panacée. A la suite de cela, on n’a pas rebooster notre estime de nous-même. On ne se sent pas forcément valorisé. Même si on essaie de s’en convaincre, la culpabilité de parent est là. On sent bien qu’il y a quelque chose qui a raté; mais quoi ?

On en arrive là, car personne ne nous a appris. On a appris beaucoup de choses mais pas que faire avec les émotions qui font souffrir. Celles qui font mal au cœur de parents. C’est vrai, les émotions qui nous mettent du baume au cœur, pas de problème. On sait quoi en faire.

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Mais celles qui blessent ? Qui rendent triste ? Qui déstabilisent ? Si elles existent c’est qu’elles ont un rôle. Alors prenons-les en considération. Les émotions vont de paires : la joie avec la tristesse, la peur avec la confiance, la colère avec la sérénité.

Il nous faut toutes les accepter. Celles qui nous font naturellement du bien mais aussi celles qui nous renvoient à nos souffrance, à nos blessures.

Y auraient-ils des émotions indignes d’être vécues ? Si elles ont là, si elles existent c’est qu’elles ont une utilité. C’est un message pour nous.

Un enfant en colère peut signifier qu’il doit encore apprendre la patience, la persévérance, la frustration.

Un adulte en colère signifie certainement qu’il a des difficultés qu’il n’a pas encore surmontées. Moi, par exemple, j’ai n’aime pas la frustration que me procure mes échecs. Si je pense avoir échoué cela me met en colère contre moi.  Je n’aime pas non plus lorsque une situation m’échappe lorsque j’estime qu’elle n’est plus sous mon contrôle. Je sais que je dois encore accepter que je suis imparfaite, et que je ne peux pas tout contrôler et que c’est bien comme ça. Les autres n’ont pas à m’obéir au doigt et à l’œil.

LA CLE EST LA : ACCEPTER

Accepter l’émotion sans la nier, sans la dénigrer, sans l’étouffer, sans la minimiser. Tout simplement l’accepter. Ce qui est plus simple à dire qu’à faire.

Il faut distinguer l’émotion de ses conséquences, ses manifestations.

Oui, j’accepte la colère

Non, je n’accepte pas de me faire frapper.

La colère n’est pas dangereuse. C’est ce que l’on en fait qui peut l’être.

Si sous le coup de la colère je tue quelqu’un, oui les conséquences sont terribles. Mais si je tempête, je crie et que je gère ma colère personnellement ce n’est néfaste ni pour autrui, ni pour la société.

Et c’est là que se situe notre domaine d’intervention.

A nous parents, maintenant de rompre avec les anciens schémas : arrête tes colères, tu fais encore une colère. Ok, ils sont disciplinés nos bouts de choux, ils veulent nous plaire et ils renferment leur colère. Mais quelles en sont les conséquences ? Quel message est envoyé ? Cette émotion n’est pas bonne, ne la laisse pas sortir. C’est ce qu’ils font. Puis leur corps exprime cette colère, à son tour, par certaines maladies. Je ne dis pas que nous allons tout résoudre par la gestion de la colère mais on peut au moins essayer on n’est pas à l’abri que cela fonctionne !

A nous d’apprendre à nos enfants à gérer toutes leurs émotions. Il y a une différence entre

DIRE : je suis en colère et j’ai envie de te taper

FAIRE : être en colère et passer à l’acte et taper.

On peut accepter d’un enfant qu’il se mette en colère mais il est indispensable de baliser les actions de cette colère. Lorsque tu es en colère tu peux taper un coussin, crier, jeter tes affaires mais tu ne peux pas casser mes affaires, me taper, me crier dessus……  A vous de fixer vos limites.

La verbalisation permet de désamorcer l’action. Elle prévient l’autre de sa quantité de colère. Il est alors important de redonner à la parole sa place dans notre société. Lorsque l’on dit arrête, on arrête. Combien de fois avons-nous vu une personne crier « arrête » et voir l’autre continuer pour le pousser au bout de sa colère ? Et cela se termine en dispute et en coups ? Quel intérêt si ce n’est émoustiller le cerveau du bas ?

Il est nécessaire d’apprendre à nos enfants à respecter les émotions des autres, à apprendre à discerner ces émotions et à les contrôler. Tout ceci est une gymnastique du cerveau.

Donc tous à nos exercices de musculations!

Avec bienveillance

Christelle

A propos de Christelle Zanco

Je suis une maman désireuse de devenir la maman cachée au plus profond de moi. La maman du cœur, qui se détache peu à peu de ses conditionnements imposés par mon éducation et par la société. Je cherche le chemin pour y accéder. C'est ceci que je souhaite partager sur ce site en toute humilité et en toute bienveillance. Je ne donne pas de solutions toutes faites mais je souhaite aider à réfléchir celles et ceux qui le veulent. Par mon partage, j'espère que le plus grand nombre réussira à se rapprocher de ce parent qu'il espère être du plus profond de son cœur. Merci à vous. Christelle

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