Nos conditionnements

Comment laisser son enfant évoluer à son propre rythme ?

on

« Laisser son enfant évoluer à son rythme » c’est un précepte que l’on entend souvent, que l’on comprend et que l’on accepte volontiers. Mais on a beau l’entendre et le comprendre la société et nos peurs nous poussent à faire tout autrement.

Le constat de mes conditionnements et de mes croyances

Cette société basée sur la compétition, la consommation et le dictat de l’intelligence  logico-mathématique, nous pousse à aller trop vite avec nos enfants. Ils doivent être les meilleurs dès leur plus jeune âge. Il n’y a pas de place pour les loosers. Seuls les plus forts s’en sortiront, sous-entendu, auront un bon emploi et gagneront bien leur vie.

Alors, nous sur-stimulions nos enfants : nous les inscrivons dès que possibles à des activités (sportives, artistiques, musicales et même maintenant Montessori !) Nous pensons ainsi les outiller pour l’avenir et en faire des champions ; pourquoi pas à la «  Agassi ».

Moi aussi je l’ai fait : mon fils a fait de la baby gym dès 2 ans et demi  Oh my god !!!

Puis nous avons aussi nos peurs qui nous gouvernent :

La peur du jugement : arrive-t-on à soutenir le regard de l’autre face à son enfant de 6 ans avec des petites roulettes à son vélo? Face à un enfant de 8 ans qui ne sait pas lire ? A un enfant qui suce son pouce, qui a sa sucette encore à 7 ans ?

La peur du futur : mon enfant sera-t-il assez bon à l’école pour suivre la voie royale, pour avoir des diplômes et ensuite un bon métier ? (Croyances)

Et bien d’autres peurs encore…..je n’ai pas besoin d’en dire plus…vous les connaissez, vous les ressentez !

Alors nous trouvons des excuses, nous dévalorisons notre enfants (oh, il est un complètement pataud, il est un peu con-con ) sur le ton de la plaisanterie.

 

Cependant, lorsqu’on vit un enseignement, lorsqu’on l’expérimente réellement alors on l’intègre et il remonte dans notre conscience. C’est alors que cet enseignement fait partie de nous et que sa compréhension en est plus aisée.

C’est qui m’est arrivé cette semaine  avec le précepte « laisser son enfant évoluer à son rythme ». Ce précepte a été facile à accepter jusqu’à maintenant car il n’était pas confronté à mes peurs.

Mais cette semaine, j’ai eu la preuve que faire confiance en la vie, faire confiance en son enfant et le laisser évoluer à son rythme lui permet réellement d’apprendre dans le plaisir et de vaincre ses propres peurs : A SON RYTHME

Mais maintenant je peux vous l’assurer haut et fort : NOS ENFANTS ONT BESOIN QUE NOUS RESPECTIONS LEUR RYTHME SURTOUT LORSQUE NOTRE PEUR PREND LE CONTROLE !

Ce qui me fait dire ça : je vous explique

 

La situation :

Mon fils a toujours eu peur de mettre la tête dans l’eau, d’avoir de l’eau dans les yeux, sur le visage. Moi, je suis très à l’aise dans l’eau, j’adore me baigner et nager.  Mais l’une de mes plus grandes peurs est que mon fils se noie (allez savoir pourquoi ?)

Il était alors important pour moi qu’il sache nager et se débrouiller dans l’eau sans paniquer lorsqu’il se retrouve sous l’eau.

Pour l’accompagner dans cette voie (qui faisait échos à mes peurs), nous l’emmenons régulièrement à la piscine. Mais rien n’y fait, il ne veut pas avoir de l’eau dans les yeux, il ne veut pas avoir les cheveux mouillés (même dans le bain ou sous la douche : je vous laisse imaginer lorsqu’il doit se laver les cheveux !!!).

Et puis,  l’entrée au CP approche, il ira à la piscine avec l’école.

Et là : re bing : 2ème peur : celle du jugement : comment MOI, maitresse d’école, puis-je avoir un fils qui ne mette pas la tête dans l’eau ? Quel va être la réaction des autres : ses camarades, les parents d’élèves ?  Il a 6 ans et il ne sait toujours pas mettre la tête dans l’eau comme ses camarades.

Et oui, le jugement est tenace !!!

Il avait bien essayé quelque fois de mettre sa tête sous l’eau mais juste parce que j’insistais. Et tout cela était loin d’être concluant : à chaque fois, il a bu la tasse !

Et la semaine dernière je me suis dit et puis flûte, il se débrouillera, c’est son aventure à vivre, même si cela doit être difficile pour lui, c’est ce qu’il a à vivre. Cela tient de sa responsabilité du haut de ses 6 ans. C’est sa décision, je ne peux pas le forcer, il ne veut pas, il a aussi ses peurs. Je l’aime tel qu’il est : à son propre rythme ! Il n’a pas à être mon faire-valoir ou à porter mes propres peurs. A CHACUN LES SIENNES. J’ai réellement lâcher-prise. Pas en surface (car cela je me l’étais déjà dit plusieurs fois) mais en profondeur, en y croyant vraiment. LE POUVOIR DE L’AMOUR, DE LA CONFIANCE.

Comme il ne faisait pas beau, nous sommes allés à la piscine pour passer le temps. Et là, oh miracle : après 40 min à patauger dans l’eau, il décide de sauter dans l’eau du haut de 2 marches. Autant dire qu’il s’éclaboussait à peine, mais pour lui c’était « un truc de ouf » j’embarque alors dans son jeu et je lui dis que oui, c’est un truc de dingue ! Là il s’enhardi et saute de 3 marches WAW !!

Et puis, il s’enhardi encore et saute en pilant les jambes de telle façon qu’il avait la tête un peu sous l’eau. Jusqu’au moment où il l’a eue complètement sous l’eau. Pour lui, la révélation : « mais j’ai parlé et j’ai même pas eu d’eau dans la bouche »

Une compréhension s’est faite chez lui, ainsi qu’une expérience positive. A la fin de l’heure de piscine il avait sauté de 4 marches et il avait la tête complètement sous l’eau.

Le lendemain, il a voulu y retourner pour expérimenter à nouveau ce qu’il venait de découvrir. Avec les lunettes de plongée, il a mis la tête sous l’eau et il a parcouru quelques mètres.

Il était tellement fier de lui ! Il venait de comprendre comment l’eau pouvait nous soulever.

« Tu sais maman que même quand tu coules tu remontes tout seul »

Depuis cela fait 7 jours que nous allons à la piscine tous les jours, à sa demande, pour qu’il saute, nage et mette la tête sous l’eau.

 

L’apprentissage que je vous partage:

« Laisser les enfants évoluer à leur rythme » est une réalité.

Ceci avait été facile pour moi pour les apprentissages comme la marche, la propreté, le langage. Mais cette fois-ci, cet apprentissage me mettait face à mes peurs (jugement), mes conditionnements (perfectionnisme, compétitivité etc…)

Cependant j’ai expérimenté cette fois-ci que :

  • Lorsque l’on fait confiance en la vie,
  • Lorsque l’on fait confiance en son enfant
  • Lorsqu’ on l’accompagne à son rythme

Alors

L’apprentissage se fait dans le plaisir et il est de qualité. On évite certainement les blocages car l’enfant va aussi au rythme de ses propres peurs et de ses propres émotions.

Fichons-leur la paix, laissons-les évoluer à leur rythme, ils y arrivent. Nos enfants ont besoin que nous les respections, que nous les comprenions (au delà de nos propres peurs).  : il y a ceux qui ont besoin de prendre confiance en eux, ceux qui ont besoin d’observer et d’analyser, ceux qui ont besoin de comprendre, ceux qui foncent…..

Parents essayer d’être conscients de vos peurs car elles rejaillissent sur vos enfants. Bien sûr, on le dit, on le sait mais lorsque cela rejaillit en pleine conscience, on l’intègre vraiment.

Faisons confiance à nos enfants : ils ont tout ce dont ils ont besoin à l’intérieur d’eux-mêmes. Ce sont nos propres peurs et nos propres conditionnements  qui les freinent. Eux ils savent faire. Ils savent déjà tout, il n’appartient qu’à nous de leur faire confiance.

A nous parents, de connaître nos enfants et de les respecter. De ne pas leur faire porter nos propres peurs.

Les enfants ont besoin de découvrir par eux même les nouvelles activités sans pour autant être encadrer et faire des exercices comme on leur demande. Ils découvrent à leur rythme les apprentissages, quels qu’ils soient. Que ce soit le vélo, la natation, la lecture. Nous mettons des normes sur tout, des âges sur tout (même sur les jouets pour enfants !! )  Alors  que chacun est unique : on le dit, on se le répète mais l’intègre-t-on réellement ?

 

Et s’il fallait d’autres exemples bien plus connus en voici :

Laure Manaudou avait peur de mettre la tête sous l’eau jusqu’à l’âge de 5 ans.

 

 

Aurélie Muller avait une phobie aquatique jusqu’à 8 ans.

Greg Zlap : il avait été détecté à l’âge de 5 ans comme étant doué pour la musique. L’institution et ses parents lui ont fait faire du piano. Il a arrêté au bout d’un an écœuré par le solfège et la rigueur. Il a découvert l’harmonica à l’âge de 14 ans ; le bonheur et le plaisir de jouer de cet instrument l’on conduit à être ce qu’il est : un musicien confirmé qui vit de sa passion.

 

 

Christelle.

Vous êtes invités à reproduire ce texte pour le transmettre en mettant ceci «  trouvé sur http://www.chriszanco.com » Merci !

A propos de Christelle Zanco

Je suis une maman désireuse de devenir la maman cachée au plus profond de moi. La maman du cœur, qui se détache peu à peu de ses conditionnements imposés par mon éducation et par la société. Je cherche le chemin pour y accéder. C'est ceci que je souhaite partager sur ce site en toute humilité et en toute bienveillance. Je ne donne pas de solutions toutes faites mais je souhaite aider à réfléchir celles et ceux qui le veulent. Par mon partage, j'espère que le plus grand nombre réussira à se rapprocher de ce parent qu'il espère être du plus profond de son cœur. Merci à vous. Christelle

laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *