Les habiletés

Mon enfant dit que je suis méchant et je fais quoi ?

on

Méchant est un mot utilisé par les enfants. Il nous le lance en plein visage lorsque on leur refuse l’objet tant désiré, tant convoité. Lorsqu’on leur dit NON.

Que se passe-t-il pour moi ? Et pour lui?

Ce mot « méchant » résonne en nous comme un poignard lancé en plein cœur. Car non je ne veux pas être un parent méchant. Ce n’était pas mon objectif lorsque j’ai décidé d’être parent. Lorsque, le ventre rond à couver mon trésor, je m’imaginais maman. Je me disais que je serai une bonne mère, aimante, protectrice, douce, attentionnée et qu’il serait un petit amical, chaleureux, respectueux. Je m’imaginais en train de rire, de partager des moments de complicité, de câlins.

Et voilà, les reproches arrivent bien plus tôt que prévu.  Les mots me blessent : « méchant » résonne dans ma tête, dans mon cœur. D’ailleurs, cela ne devait pas m’arriver à moi. Je l’ai bien éduqué, dans le respect. Je ne l’ai pas éduqué comme tous ces garnements que je croise sur mon chemin.

Non moi méchant jamais.

Pourtant, je l’entends ce mot « méchant », il vient bien de sortir de sa bouche. Et il me poignarde le cœur, me fait bondir, me fait réagir, ce mot « méchant »  ne me laisse pas de glace.

 

Et bien mon petit bout, il le sait cela que je ne resterais pas indifférente devant cette attaque lancée en bonne et due forme. Il sait qu’il va y avoir une réaction et pourtant il le dit.

Il a été blessé. Il voulait voir son besoin satisfait tout de suite. Par mon refus, avec mon NON, je viens de le blesser. Je viens de lui refuser d’accéder au plaisir immédiat, je lui demande d’attendre, de reporter son plaisir

Je viens de lui refuser de satisfaire un de ses besoins.

 

Alors je fais quoi ? En fonction de ce que cela réveille en moi, des émotions que cela suscite j’agis de différentes manières :

Nous avons tous des schémas de fonctionnement.

En voici quelques-uns :

Je m’emporte car j’estime qu’il me manque de respect. Je le punis, je lui fais la morale pour qu’il comprenne qu’il n’a pas à dire de mots blessants à sa maman. Et méchant est un mot blessant. D’ailleurs quand j’étais petite, je ne me serais pas permise cela ; mes parents ne me l’auraient pas autorisé.

Je cède et je satisfais à son besoin car cela réveille en moi le manque que j’avais lorsque j’étais petite fille ; lorsque mes parents me refusaient aussi à moi, d’accéder immédiatement à mon plaisir et je ressens encore maintenant la douleur de petite fille. Je me mets à la place de mon petit bout et je lui donne ce qu’il souhaite.

Je reste sur ce que j’ai décidé car je pense que c’est important qu’il apprenne à reporter ses envies, ses plaisirs. Je reste ferme sur ma décision et cela n’y changera rien. Je l’ai appris aussi lorsque j’étais petite même si cela était difficile pour moi.

J’accueille son émotion car je comprends qu’il a dit ce mot « méchant » par frustration. Et je souhaite accueillir chez lui, ce que l’on n’a pas su accueillir chez moi petite fille.

 

Je fais un peu de tout cela car ce mot « méchant »  réveille diverses émotions mêlées en moi.

Oui tout ça c’est ok.

Une réponse n’est pas meilleure qu’une autre.

Mettre de la conscience dans cet événement.

Ce qui est important dans ce genre de situation ce n’est pas tant la réponse que l’on apporte à la situation mais plutôt l’éclairage que l’on en a.

Est-ce que j’ai réagi, en pilotage automatique : j’ai  une réaction à son action ?

Est-ce que j’utilise cet évènement aussi pour regarder en moi, regarder ce que cela réveille en moi ? Quelles sont ces peurs, ces blessures qui ont été activées ?

Cette deuxième partie est importante si l’on souhaite briser des cercles vicieux d’agissement. Que ce soit les siens ou ceux de son enfant. Parce que oui, nos enfants ont cette capacité à réveiller nos blessures d’enfant.

Ils ne font pas cela pour nous « chercher », pour faire « exprès » mais parce qu’ils sont des éponges émotionnelles et qu’ils ressentent nos peurs et nos blessures. Ainsi, par leurs comportements, ils nous poussent à mettre nos blessures et nos peurs en lumière. Ils nous poussent à les amener à notre conscience pour ensuite les dépasser.

En effet, les mêmes actes ont les mêmes conséquences et si l’on souhaite briser les schémas qui nous minent, les schémas qui nous dérangent chez nous ou chez nos enfants, il est indispensable de changer quelque chose.

Et comme vous le savez maintenant, la seule personne que l’on peut changer, la seule personne sur laquelle on peut agir C’EST SOI !

Si le comportement de votre enfant ne vous a pas heurté, ne vous a pas dérangé, ne vous a pas mis dans une sorte de mal être alors il n’y a pas à discuter tout est ok. Merci et au revoir.

 

 

Si vous souhaitez briser vos anciens schémas

Mais

  • si ce comportement vous a blessé, si votre réaction vous a surprise, si vous n’êtes pas fière de la manière dont vous avez abordé le « problème » que ce soit maman, tu es méchante, papa tu es méchant ou tout autre opposition de sa part.

 

  • Si cela vous met dans l’inconfort pendant plusieurs heures ou plusieurs jours
  • Si vous ruminez ce mot et que vous n’arrivez pas à passer au-delà

 

Alors

  • c’est un signal fort qui vous dit que vous avez quelque chose à faire de différent.
  • il est juste de tourner les projecteurs sur soi et de regarder un peu à l’intérieur, d’aller gratter, doucement avec bienveillance et compassion envers soi-même. Sans être trop dur avec soi.

 

Quel comportement se répète sans cesse et me met dans l’inconfort.

Qu’est-ce que cela réveille en moi comme peurs ?

Et bien voilà, ce sont ces peurs qu’il faut affronter. En se demandant par exemple si elles sont réellement fondées (est ce que je suis réellement méchante ? Est ce qu’il ne va plus m’aimer si je lui refuse ce besoin ? Est ce qu’il va devenir un enfant roi si j’accède à ce besoin ? Etc….

Lorsque l’on est en paix avec sa manière d’agir,

  • on ne rumine pas des jours durant sur ce qui s’est passé,
  • on ne punit pas de manière exagérée,
  • on ne ressent pas le besoin de partager ce problème avec les autres.

Lorsque l’on est en paix, c’est un évènement comme un autre,

il y a une action puis il y a une réponse que l’on trouve adaptée et c’est tout. La vie continue son chemin. C’est un évènement comme un autre. Il est passé, donc on peut passer à autre chose.

La relation n’est pas détériorée.

Par contre

Lorsque l’on n’arrive pas à passer au-delà de ses ressentis, de ses émotions, lorsqu’elles se cristallisent,

Lorsqu’on  les garde en nous, que nous les faisons tourner dans notre tête sans cesse, que nous y revenons sans cesse

alors

c’est un signal, il y a quelque chose à comprendre pour pouvoir libérer nos blocages qui nous empêchent d’aller de l’avant.

C’est aussi cela être parent c’est apprendre des relations que nous avons avec nos enfants.

Car oui, nous les portons dans notre cœur et pour eux, nous serions prêts à tout ; même NOUS REMETTRE EN QUESTION

 

Alors non je ne suis pas un parent méchant, juste un parent conscient qui ajuste ces actions au fil de la vie et des évènements.

Christelle

 

A propos de Christelle Zanco

Je suis une maman désireuse de devenir la maman cachée au plus profond de moi. La maman du cœur, qui se détache peu à peu de ses conditionnements imposés par mon éducation et par la société. Je cherche le chemin pour y accéder. C'est ceci que je souhaite partager sur ce site en toute humilité et en toute bienveillance. Je ne donne pas de solutions toutes faites mais je souhaite aider à réfléchir celles et ceux qui le veulent. Par mon partage, j'espère que le plus grand nombre réussira à se rapprocher de ce parent qu'il espère être du plus profond de son cœur. Merci à vous. Christelle

laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *